Avant de commencer : qui écrit ce comparatif
Cartes sur table : ce guide est édité par Bija, qui est l'un des logiciels comparés. Plutôt que de nous auto-attribuer cinq étoiles partout, nous avons pris le parti inverse : définir des critères objectifs et vérifiables, décrire chaque outil factuellement, et dire pour chacun le cas où il est le meilleur choix, y compris quand ce n'est pas nous.
Une conviction guide ce comparatif : il n'existe pas de « meilleur logiciel » dans l'absolu. Il existe un meilleur logiciel pour votre situation : une créatrice qui fait fabriquer dix pièces d'or par mois, une boutique de centre-ville avec un atelier de réparation et une marque de plaqué qui vend 500 pièces sur Instagram n'ont pas les mêmes besoins. Ce guide vous aide à trouver le vôtre.
Les 7 critères qui comptent en joaillerie
La gestion d'une marque de bijoux a des exigences que n'ont ni le prêt-à-porter ni les services. Avant de comparer les outils, voici la grille :
- Le prix au cours du métal : l'or bouge tous les jours. L'outil sait-il calculer un prix de revient avec poids fin, titre et perte de fonte, au cours du jour (la méthode ici) ?
- Le suivi des ateliers externes : fonte, sertissage, polissage. L'outil trace-t-il une pièce chez le façonnier, avec les matières confiées ?
- Le livre de police natif : le registre des métaux précieux est obligatoire dès le premier gramme (le guide complet). Est-il alimenté automatiquement, avec des enregistrements infalsifiables ?
- La facturation conforme 2026-2027 : Factur-X, nouvelles mentions, raccordement à une plateforme agréée (la réforme expliquée).
- La connexion e-commerce : une vente Shopify met-elle à jour stock, client, facture et registre, sans ressaisie ?
- Vos données : hébergement en Union européenne, export libre, réversibilité si vous partez.
- La prise en main : une créatrice non technicienne peut-elle l'utiliser seule dès la première semaine, sans intégrateur ni formation payante ?
Le comparatif en un tableau
| Outil | C'est quoi | Le bon choix si... | La limite en joaillerie |
|---|---|---|---|
| Bija | Logiciel de gestion conçu pour les maisons de joaillerie (dès 149 €/mois) | Vous êtes une marque française qui fait fabriquer et veut la conformité native | Ne remplace ni votre boutique en ligne ni votre comptable |
| Excel / Google Sheets | Tableur généraliste (quasi gratuit) | Vous démarrez, moins de dix ventes par an | Aucun lien entre les données, invalide comme livre de police |
| Notion / Airtable | Bases de données no-code (freemium, puis par utilisateur) | Vous voulez organiser idées, collections et projets | Rien de réglementaire : ni facture conforme, ni registre, ni cours du métal |
| Shopify | Plateforme e-commerce (dès ~30 €/mois) | Vous vendez en ligne (c'est un complément, pas un concurrent des autres outils) | Gère la vente, pas la gestion : pas de prix de revient, d'ateliers ni de registre |
| Craftybase | Suivi de fabrication pour artisans (~30-60 $/mois) | Vous êtes maker solo, à l'aise en anglais, sans obligations françaises | Interface et logique anglo-saxonnes : pas de livre de police, pas de Factur-X |
| Katana | MRP cloud généraliste pour la production (à partir de ~200 $/mois) | Vous produisez en série avec une vraie chaîne de fabrication interne | Généraliste, en anglais, sans aucune notion des obligations françaises du bijou |
| Odoo | ERP modulaire open source (gratuit auto-hébergé à ~20-40 €/utilisateur/mois) | Vous avez un profil technique (ou un intégrateur) et des besoins très spécifiques | Tout est à paramétrer : le métier joaillier n'existe pas en standard |
| EBP / Sage | Gestion commerciale française généraliste (quelques dizaines d'€/mois) | Vous voulez surtout des devis-factures conformes, sans dimension métier | Ignore le cours du métal, les ateliers et le livre de police |
| Caisses spécialisées bijouterie-horlogerie | Logiciels de point de vente du secteur (souvent licence + maintenance, sur devis) | Vous êtes une bijouterie de centre-ville : caisse, SAV, rachat d'or | Pensés pour le comptoir, pas pour une marque qui crée, fait fabriquer et vend en ligne |
Les outils, un par un
Excel / Google Sheets : le point de départ universel
Toutes les marques commencent là, et c'est très bien : gratuit, souple, immédiat. Pour dix ventes par an, deux modèles et un fournisseur, le tableur suffit largement. Ses limites arrivent avec le volume : données déconnectées les unes des autres, erreurs de formules silencieuses, prix jamais réindexés au cours du métal, et surtout invalidité comme livre de police (un fichier modifiable à volonté ne prouve rien). Nous avons consacré un guide entier au moment où Excel devient le frein.
Notion / Airtable : organiser, pas gérer
Excellents pour structurer des idées, un calendrier de collections, un moodboard, un CRM léger. Certaines créatrices y construisent des systèmes ingénieux. Mais rien n'y est réglementaire : pas de facture conforme, pas de registre opposable, pas de cours du métal, et chaque automatisation est à construire et maintenir soi-même. Verdict : un bon compagnon de créativité, pas un outil de gestion d'entreprise.
Shopify : indispensable, mais pour autre chose
Clarifions une confusion fréquente : Shopify n'est pas un concurrent des logiciels de gestion, c'est votre canal de vente en ligne. Il encaisse, il présente le catalogue, il gère le panier. Il ne sait rien du prix de revient, des pièces chez le sertisseur ou du registre des métaux précieux. La bonne architecture n'est pas « Shopify ou un logiciel de gestion », c'est Shopify connecté à votre gestion : chaque vente doit mettre à jour stock, fiche cliente, facturation et livre de police sans ressaisie.
Craftybase : le choix des makers anglo-saxons
Un outil sérieux et apprécié pour le suivi de fabrication artisanale : matières premières, recettes de production, coûts de revient, inventaire. Si vous êtes créatrice solo, à l'aise en anglais, et que vos obligations se limitent à une comptabilité simple, il fait bien son travail. Ses angles morts sont français : aucune notion de livre de police, de Factur-X, de TVA française ou de la réforme 2026-2027, et pas d'interface en français.
Katana : le MRP pour la production en série
Katana est un vrai outil de production (MRP) : ordres de fabrication, nomenclatures, planification de capacité. Il vise des entreprises qui produisent en volume avec une chaîne interne. Pour une marque de joaillerie française, il est à la fois surdimensionné sur la production et sous-dimensionné sur le métier : pas de cours du métal, pas de registre, pas de conformité française, tarifs pensés pour des industriels.
Odoo : la puissance, si vous avez qui la dompter
L'ERP open source par excellence : tout y est possible, du CRM à la comptabilité. C'est aussi son piège pour une créatrice : tout est à paramétrer, le métier joaillier n'existe pas en standard (il faudra construire cours du métal, perte de fonte, registre...), et les déploiements réussis passent généralement par un intégrateur. Pertinent si vous avez un profil technique dans l'équipe et des besoins atypiques ; disproportionné pour lancer et faire grandir une marque.
EBP / Sage : la facturation généraliste à la française
Des acteurs solides de la gestion commerciale française : devis, factures conformes, suivi client, avec une vraie prise en compte des obligations hexagonales. Si votre besoin se limite à « facturer proprement », ils le couvrent. Mais le bijou n'y existe pas : un produit y est un produit, sans poids fin ni titre, sans pierres, sans façon par opération, sans ateliers, sans livre de police. Vous garderez vos tableurs à côté, et c'est précisément le problème de départ.
Les caisses spécialisées bijouterie-horlogerie : pour le comptoir
Il existe une famille de logiciels historiques conçus pour les bijouteries de centre-ville : caisse certifiée, gestion du SAV et des réparations, rachat d'or, parfois le livre de police. Dans leur périmètre (le magasin physique), ils sont légitimes et rodés. Leur logique est celle du point de vente : si votre activité est de créer des collections, faire fabriquer et vendre en ligne comme en boutique, leur modèle ne correspond pas, et les tarifs (licence, maintenance, modules) visent des commerces établis.
Bija : le logiciel des jeunes maisons de joaillerie
Bija est né exactement dans le creux laissé par tous les précédents : un outil pour les créatrices et jeunes marques françaises qui font fabriquer et vendent en direct. Sur les 7 critères de la grille :
- prix de revient au cours du jour du métal (poids fin, titre, perte de fonte paramétrable) et devis clients en un clic ;
- suivi des ateliers : fiches de fabrication par opération et Vue Atelier partagée avec vos façonniers, sans compte à créer ;
- livre de police automatique : achats, envois atelier, retours et ventes créent les écritures, infalsifiables et exportables ;
- facturation Factur-X avec les mentions de la réforme, et raccordement plateforme agréée intégré à la feuille de route avant l'échéance 2027 ;
- Shopify connecté : chaque vente met à jour facture, cliente, stock et registre ;
- données hébergées en UE, exportables librement (CSV, PDF) ;
- prise en main pensée pour des créatrices, pas pour des contrôleurs de gestion : essai gratuit 14 jours, sans carte bancaire.
Ce que Bija n'est pas, pour être complet : ce n'est ni une boutique en ligne (Shopify reste votre vitrine), ni un logiciel de comptabilité (votre expert-comptable garde son outil), ni une caisse certifiée pour un magasin de centre-ville avec SAV horlogerie.
Attention : gestion n'est pas CAO
Dernière confusion à lever : en cherchant « logiciel bijouterie », on tombe aussi sur les outils de conception assistée par ordinateur (Rhino, avec les plugins joaillerie comme MatrixGold, ou Blender pour les plus aventureuses). Ils servent à dessiner et modéliser les pièces en 3D avant fabrication : c'est un autre métier, complémentaire. Une marque équipée a typiquement trois briques : la CAO pour créer, l'e-commerce pour vendre, la gestion pour tout tenir ensemble. Ce comparatif porte sur la troisième.
Et si vous ne souhaitez pas apprendre un logiciel de CAO, sachez que Bija propose la modélisation 3D comme service : votre croquis devient un fichier prêt à fabriquer, réalisé par des spécialistes joaillerie (voir notre guide de la CAO, ou écrivez directement à hello@getbija.com).
Le bon choix selon votre profil
| Votre situation | Notre recommandation honnête |
|---|---|
| Je démarre, moins de 10 ventes par an | Excel ou Google Sheets, avec de la rigueur. Gardez juste un œil sur l'obligation de livre de police dès la première pièce en métal précieux. |
| Je vends du plaqué ou du fantaisie en volume, sans métaux précieux | Shopify + un outil de facturation simple peuvent suffire : sans or ni argent massif, pas de livre de police. |
| Je suis maker solo, marché international, à l'aise en anglais | Craftybase est une option sérieuse, en acceptant de gérer la conformité française à côté. |
| Je suis une bijouterie de centre-ville avec caisse et SAV | Une caisse spécialisée bijouterie-horlogerie reste l'outil adapté au comptoir. |
| J'ai une équipe technique et des besoins très atypiques | Odoo, avec un intégrateur et du temps devant vous. |
| Je suis une créatrice ou jeune marque française, je fais fabriquer, je vends en ligne, en dépôt ou en boutique | Bija : c'est exactement le profil pour lequel il est construit, conformité française comprise. |
FAQ
Existe-t-il un logiciel de bijouterie gratuit ?
Pour la gestion complète d'une activité en métaux précieux, non : le gratuit s'arrête au tableur, qui ne couvre ni la facturation conforme ni le livre de police. La vraie question est le coût complet : un outil payant qui économise plusieurs heures de ressaisie par semaine et évite une erreur de marge se rembourse généralement dès le premier mois d'activité sérieuse.
Puis-je changer d'outil plus tard sans perdre mes données ?
C'est LA question à poser avant de signer, quel que soit l'éditeur : export libre à tout moment (CSV, PDF), dans des formats réutilisables, sans frais de sortie. Chez Bija, vos données s'exportent en un clic et restent votre propriété. Un outil qui retient vos données par la captivité ne mérite pas votre gestion.
Un logiciel généraliste moins cher ne suffit-il pas au début ?
Pour facturer, si. Mais deux obligations ne dépendent ni de votre taille ni de votre outil : le livre de police (dès le premier gramme de métal précieux) et la facturation électronique (réforme 2026-2027). Un généraliste vous laisse les gérer à la main à côté ; c'est ce « à côté » qui coûte les heures et fait les erreurs. Le calcul se fait sur le total, pas sur l'abonnement.
Et pour dessiner mes bijoux en 3D ?
C'est le domaine de la CAO (Rhino et ses plugins joaillerie, notamment), pas des logiciels de gestion. Les deux se complètent : la CAO produit le modèle envoyé au prototypiste, la gestion suit la fabrication, les coûts et les ventes de la pièce. Si vous ne voulez pas apprendre un logiciel de CAO, Bija propose aussi la modélisation 3D comme service : envoyez votre croquis à hello@getbija.com et recevez un devis par modèle (tout est expliqué dans notre guide de la CAO en joaillerie).
Comment tester avant de choisir ?
Prenez un cas réel de bout en bout, le même pour chaque outil testé : créez votre dernière pièce vendue (métal, pierres, façon), faites le devis, la facture, la sortie de stock et regardez ce qu'il advient du livre de police. En une heure, les différences sautent aux yeux. L'essai Bija (14 jours, sans carte bancaire) est fait exactement pour ça.
À lire aussi
Passer d'Excel à un logiciel de gestion de joaillerie → Facturation électronique 2026-2027 : le guide des maisons de joaillerie → Calculer le prix de revient d'un bijou : la méthode complète → Le livre de police en joaillerie : le guide complet → La CAO en joaillerie : dessiner ses bijoux en 3D →Transparence : ce comparatif est édité par Bija, l'un des logiciels présentés. Les descriptions des autres outils sont établies de bonne foi à partir de leurs offres publiques à la date de rédaction ; les tarifs sont des ordres de grandeur indicatifs susceptibles d'évoluer, à vérifier auprès de chaque éditeur. Les marques citées appartiennent à leurs propriétaires respectifs. Dernière mise à jour : 8 juillet 2026.